Le calendrier égyptien

    Grâce à l'observation assidue des crues du Nil, les Égyptiens découvrirent que l'année comptait environ 360 jours, dont ils déduisirent un calendrier archaïque très simple formé de 12 mois de trente jours groupés en trois décades. Dans le cours du Vè millénaire, la durée de l'année fut précisée et le calendrier augmenté de cinq jours non sacrés ou épagomènes, placés après le douzième mois : c'est le calendrier vague.
     Dès cette époque, les Égyptiens relièrent les crues régulières du Nil au lever héliaque de l'étoile Sothis (Sirius) qui fut adopté comme Nouvel an (1er Thot). Cela se passait vers 4230 avant J.-C. Cependant, l'année vague étant un peu trop courte, le lever héliaque de Sothis se mit à dériver selon un cycle de 1461 années, au bout duquel il coïncida de nouveau avec le 1er Thot. Grâce à cette période sothiaque, les Égyptiens furent les premiers à pouvoir calculer une valeur suffisamment précise de la durée de l'année solaire : 365,25 jours, valeur qui ne fut adoptée que bien plus tard par Jules César. Les Égyptiens eux-mêmes n'appliquèrent pas cette découverte à leur propre calendrier qui continua de dériver sans trêve durant les quatre millénaires que dura la civilisation égyptienne. La dernière période sothiaque fut célébrée le 21 juillet 139 de notre ère (1er Thot), l'écrivain latin Censorin s'en fait l'écho.
    En l'an ~30, Auguste tenta en vain d'imposer à l'Égypte un sixième jour épagomène ou bissextile. La réforme ne fut appliquée qu'une fois. L'introduction de ce jour bissextile intervint après le 29 VIII JE = 31 VIII JS et repoussa le 1er Thot au 1er IX ~30 JS. Effectivement, du 1er IX ~30 au 21 VII 139 s'écoulent exactement 168 années vagues.
    Les mois de l'ancienne Égypte se groupent en trois saisons :
- saison de l'inondation (Akhet) : Thot, Paophi, Athyr, Choréax
- saison des semailles (Peret)    : Tybi, Méchir, Phaménoth, Pharmouti
- saison des récoltes (Chemou) : Pachon, Paynis, Epiphi, Mésori
    Quant à une chronologie absolue, l'Égypte n'en connut en vérité aucune, ce qui explique les difficultés rencontrées par les égyptologues dans leurs tentatives de datation (des pharaons sont inconnus, la durée de certains règnes demeure ignorée). Il faudra en effet attendre la fin de la civilisation égyptienne pour que le grand astronome alexandrin C. Ptolémée (90-168) élabore une échelle absolue remontant au 26/2/~746, l'ère de Nabonassar.