Le calendrier juif

    Le calendrier juif actuel est issu du calendrier chaldéen.
    Les plus anciens textes connus remontent à plus de six mille ans. Ils ont été trouvés dans le Croissant fertile et relatent des observations astronomiques faites par les Sumériens, puis par les Assyriens.
    Très tôt chaque ville du Moyen Orient eut son propre calendrier et ce n'est qu'à partir de la conquête du roi Hammourabi de Babylone, au second millénaire, que le calendrier de la ville de Nippour s'imposa aux autres jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand, quinze siècles plus tard.
    Ces calendriers, fondés sur le cours de la Lune comptaient douze mois d'une trentaine de jours et une année lunaire de 354 jours. Ce cycle, trop court de onze jours sur le cycle solaire, faisait dériver l'année lunaire d'environ un mois tous les trois ans jusqu'à ce qu'un décret royal vint combler ce déficit en redoublant un mois (intercalation). Dans ce cas l'année comptait treize mois.
    Afin de reconnaître le moment de l'intercalation, les Mésopotamiens observaient au début de chaque mois le lever héliaque de certaines étoiles. Quand celui-ci retardait d'un mois, on procédait à une intercalation. Du fait de cet empirisme, le calendrier était approximatif et la chronologie mésopotamienne incertaine, du moins jusqu'à l'adoption des principes de l'astronomie grecque.
    La parenté des calendriers mésopotamien et hébreux apparaît de bonne heure, dès la fédération des tribus d'Israël qui empruntèrent à leurs voisins les rudiments d'astronomie et de cosmologie dont elles avaient besoin. C'est ainsi que le septénaire des planètes, alors au coeur de la cosmologie mésopotamienne, fut à l'origine de la semaine chez les Chaldéens et du Sabbat chez les Hébreux, tandis que les autres peuples comptaient généralement les jours par décades.
    C'est en souvenir de l'exil des Juifs à Babylone (VIe siècle avant notre ère) que ceux-ci adoptèrent finalement le calendrier chaldéen, d'où la parenté des noms des mois entre les deux calendriers :

 

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre

  Mois chaldéens

nisannu

airu

sivanu

dû-zu

abu

ululu

  Mois hébreux

nisan

iyar

sivan

tamouz

ab

elul

 

 Octobre

Novembre

Décembre

Janvier

Février

Mars

  Mois chaldéens

tasritu

arah-samna

kislou

tebitu

sebatu

addaru

  Mois hébreux

tishri

'archesvan

kislev

tebet

sebat

adar

    L'année religieuse juive commence à la Pleine Lune 15 du mois de Nisan, qui commémore le jour de la fuite d'Égypte, la fête de Pâques, et témoigne qu'à une époque reculée le début du mois coïncidait chez tous les peuples du monde avec la Pleine Lune. Ce n'est qu'avec l'amélioration de l'astronomie que l'habitude de se régler sur la Nouvelle Lune s'imposera lentement. L'année civile, quant à elle, débute à la Pleine Lune 15 du mois de Tisri, fête des Tabernacles et de la fin des récoltes.
    Des règles liées aux jours de fêtes faisaient que les Hébreux connurent sept sortes d'années : les années communes de douze mois, les années régulières (354 jours), abondantes (355 jours) ou défectives (353 jours), et les années embolismiques de treize mois (vé-adar) de 383, 384 ou 385 jours.
    Avec la connaissance du cycle de Méton (235 lunaisons en 19 ans), les Hébreux améliorèrent leur système d'intercalations et placèrent les années de treize mois aux rangs 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19 du cycle. Puis, avec la conquête d'Alexandre le Grand, à l'instigation des Grecs, ils adoptèrent un cycle de 84 ans contenant un cycle calliptique (76 ans) et une octaétéride (8 ans) [cf. le calendrier grec].
    Enfin, une dernière réforme fixa le début de l'année juive, 1er Tisri, au lundi 24 septembre 344. Partant de là, considérant que deux cent seize cycles de Méton suffisaient à contenir leur passé, les Juifs fondèrent leur ère en fixant la première néoménie de la Création au lundi 7 octobre 3761 avant J.-C. Ainsi l'année chrétienne 2000 correspond à l'année juive 5760.